Cadref
Université de la Culture Permanente et du Temps Libre

Histoire des mythes et des civilisations (Bagnols sur Cèze)

Professeur Marie BENEL
Lieu Maison Laure Pailhon
Jour/Horaire Lundi 10h30 – 12h00
Cours hebdomadaires
Tarif 102 €

 

Mythes et Symboles du Taureau

 

Le taureau est une bête sauvage splendide : fougueuse, imprévisible.

Depuis les débuts de l’humanité le taureau incarne l’ambivalence du divin avec son côté bénéfique, fécondant et son côté extrêmement dangereux. C’est un herbivore donc à priori il n’est pas dangereux pour les hommes. Ce n’est pas un prédateur. Par contre sa fougue, sa force peuvent être dévastatrices. C’est la raison pour laquelle les religions, les mythes, les cultes ont fait passer symboliquement certaines de leurs  réflexions philosophiques, voire métaphysiques dans ce bel animal sauvage, depuis l’aube des temps, à travers les continents.

Tout commence à Lascaux (15.000 av. JC), à Altamira, à la Grotte Chauvet (37.000 av. JC), ces hauts lieux du paléolithique, avec leurs parois représentant des troupeaux d’ours, de bisons, de chevaux, de taureaux, témoignages extraordinaires de l’émergence du sacré dans la conscience humaine.

À travers la figure du taureau, ce sont les forces de la nature qui sont évoquées. Apparait alors le mythe avec ses attributs de puissance, de force et de fécondité.

La protohistoire conserve et amplifie la tradition du culte du taureau avec les gravures rupestres du Mont Bégo (IIIe mille av. JC) organisées autour du culte du dieu Taureau, lui-même dieu anthropomorphe de la foudre, : l’homme c’est le taureau et le taureau c’est l’homme ; l’initié s’identifie au dieu dont il espère le soutien.

En Crète méditerranéenne la figure du taureau est centrale. D’abord, on découvre ces acrobates, adeptes du « saut du taureau », osant affronter la charge de l’animal et exécuter au dessus de lui une sorte de cabriole en prenant appui sur une de ses cornes.

Des Hittites aux Sumériens, les civilisations méditerranéennes pensent que la vigueur et la fertilité du taureau sont concentrées dans ses cornes. En hébreu, c’est le même mot, qui signifie « briller » et « avoir des cornes », d’où les cornes de Moïse; et dans l’iconographie gréco-romaine, la corne d’abondance, symbole de fertilité par excellence, est une corne taurine libérant sa bienveillance.

L’autre figure mythique de taureau en Crète, c’est le Minotaure. Au centre du labyrinthe de Cnossos, Thésée affronte le Minotaure et le tue. Le Minotaure est un être hybride, mi-homme, mi-taureau.

De Lascaux à la tauromachie, en passant par le Minotaure, le danger est omniprésent ainsi que sa dimension initiatique. Avec le culte de Mithra, c’est la même problématique. Mithra d’origine Perses, trouve son plein développement à Rome à partir du 1er s. av. J.-C., jusqu’à devenir le culte oriental des armées romaines.

L’idée dominante c’est l’évocation d’un passage de l’ombre à la lumière, une façon d’amener la lumière dans l’ombre, au terme d’une épreuve labyrinthique.

De la grotte Chauvet au Christianisme, en passant par les Egyptiens, les Celtes, les Grecs, les Romains et l’Hindouisme, nous essayerons d’approfondir la figure du Taureau dans l’art, les rituels et les textes.