Cadref
Université de la Culture Permanente et du Temps Libre

Sur l’actualité médicale (Nîmes)

Professeur Jean-Pierre BALI
Lieu 249, rue de Bouillargues
Jour/Horaire Lundi 10h30 – 11h30
Dates 23/11 18/01 08/03 12/04 10/05
Tarif 60 €
  Cinq conférences vous sont proposées qui entrent dans le champ de l’actualité :    


  • Le concept d’hygiène au temps des grandes pandémies


La notion d’hygiène est apparue tardivement dans la vie des hommes. Elle est le fruit de l’observation. Sa mise en œuvre à grande échelle a commencé avec la venue d’un chercheur de génie qui lui a donné toute sa raison d’être, Louis Pasteur. Le concept d’hygiène est lié à celui de souillure ; être propre c’est utiliser tous les moyens pour se débarrasser des éléments contaminants, les « microbes », bactéries, virus et parasites. Observateur et expérimentateur hors norme, Louis Pasteur, chimiste et physicien (il n’était pas médecin), a fait faire des progrès considérables à la médecine. Le lien avec les maladies est devenu évident avec l’arrivée des grandes pandémies. En effet, vers la fin du XIXème siècle, la « théorie des germes » selon laquelle de nombreuses maladies sont causées par des micro-organismes, controversée au début, a été finalement acceptée. Elle constitue désormais un élément fondamental de la médecine moderne. Notre système immunitaire est l’élément essentiel de la réponse de notre organisme à l’infection avec la production d’anticorps par les lymphocytes B qui va constituer la base de la théorie vaccinale, système le plus efficace aujourd’hui pour enrayer une infection de manière durable.    


  • Les virus et la génétique


Les virus font partie de la diversité du monde vivant. Par certaines de leurs caractéristiques, ils se rapprochent d’une entité vivante et par d’autres, ils peuvent être considérés comme des parasites. Leur caractère infectieux est lié à la nature de leur génome. Ils sont constitués soit d’une molécule d’ADN, soit d’ARN, entourée d’une enveloppe protéique qui va jouer un rôle de premier plan dans les caractéristiques immunologiques du virus et dans sa capacité à déclencher la production d’anticorps. A l’aide de quelques gènes, les virus peuvent altérer et modifier les programmes de fonctions intracellulaires à leur profit, avec pour objectif final de transformer l’organisme infecté en agent contaminant, capable de propager l’infection et d’assurer la survie du virus. Classifiés en fonction de leur structure et non de leur pouvoir pathogène, on en connaît aujourd’hui près de 5000 espèces.


Outre leurs fonctions pathogènes, les virus sont utilisés en biotechnologie comme vecteurs de gènes en thérapie génique, grâce à leur capacité à intégrer la machinerie de reproduction de la cellule. Cela a permis d’augmenter considérablement le rendement de l’insertion du gène-médicament dans les cellules où il est défaillant. Ils sont utilisés également dans la conception de vecteurs vaccinaux (avec des virus désarmés).  


  • Un espoir dans le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer


La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des démences du sujet âgé. D’après les dernières estimations, 1200000 personnes pourraient être touchées en France par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, 750 000 personnes seraient diagnostiquées. C’est une maladie neuro-dégénérative (atteinte cérébrale progressive conduisant à la mort neuronale) caractérisée par une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles (cognitives) conduisant à des répercussions dans les activités de la vie quotidienne. Les troubles de la mémoire forment le symptôme le plus fréquent. Ils doivent être associés à un autre trouble des fonctions cognitives pour que le diagnostic de maladie d’Alzheimer puisse être évoqué.


Sur le plan physiopathologique, la maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’association de 2 lésions neuropathologiques cérébrales : les dépôts extracellulaires de protéine beta-amyloïde et les dépôts intracellulaires de protéine tau. Ces lésions vont progresser au fil du temps de la région hippocampique vers l’ensemble du cortex cérébral expliquant la progression des troubles avec l’apparition d’une aphasie, d’une apraxie, de troubles visuo-spatiaux et de troubles des fonctions exécutives.


Il y a intérêt à poser un diagnostic tôt dans la maladie car aucun traitement médical spécifique n’a été trouvé. Le diagnostic précoce permet de d’anticiper les conséquences de la perte progressive des fonctions cognitives et ainsi de maintenir sa qualité de vie plus longtemps. Il permet aussi de faire le diagnostic d’autres maladies apparentées. Les centres de diagnostic spécialisés permettent de fiabiliser le diagnostic.


Des progrès sérieux ont été réalisés dans l’approche diagnostique : elle est forcément multi-disciplinaire, neuro-psychologique, imagerie cérébrale, neurologique et maintenant examens de laboratoire. Concernant la recherche, de réels progrès paraissent : récemment (février 2018), des chercheurs japonais et australiens ont présenté leurs résultats sur un test sanguin pour dépister la maladie d’Alzheimer (revue Nature). Le test permet de détecter dans le sang des fragments de la protéine bêta-amyloïde, un bio-marqueur de la démence (en plus des protéines Tau). D’après ces scientifiques, le test aurait une efficacité de 90 %. A Montpellier, l’équipe du Pr Sylvain Lehmann explore depuis plusieurs années les désordres neuro-dégénératifs et se trouve en pointe pour la recherche des marqueurs biologiques de la maladie dans le liquide cérébrospinal qui permettrait l’identification précoce de la maladie. Cette équipe a reçu pour ses recheches le Prix de la Fondation Claude Pompidou.    


  • L’oxygène, à la vie, à la mort…


L’air qui nous entoure et qui assure le fonctionnement de la vie contient une large part d’oxygène. Que penser de cet élément si important pour nous ? Combiné à l’hydrogène, il forme l’eau, celle de nos rivières, des océans et celle de nos cellules. Il va être la source de toute énergie en assurant le rôle de comburant, l’hydrogène celui de carburant. Il conduira à l’énergie vitale en s’introduisant au plus profond de nos cellules et permettant la combustion (oxydation) des substrats énergétiques glucides, lipides, protides.


Mais l’oxygène peut se révéler le plus toxique des éléments vitaux. Sa dissociation conduisant au radical O- (oxygène singulet) lui permettra de se conjuguer avec toute une série de composés pouvant les rendre éminemment toxiques ; l’eau oxygénée est le premier de ces composés. Sa dismutation conduit à la libération d’oxygène actif très utile dans l’entretien de nos piscines.


Les phénomènes oxydo-réducteurs président au bon déroulé de notre existence : si ces phénomènes oxydatifs génèrent l’énergie nécessaire à la vie, ils conduisent également à la mort qui s’avère en constituer l’étape terminale. Un bon équilibre doit être trouvé durant notre existence. Certains composés de notre alimentation quotidienne peuvent aider à maintenir ce potentiel réducteur de nos cellules.    


  • Que penser du cholestérol pour notre santé, bon ou mauvais ?


On nous a inondé de beaucoup de discours à propos de cette fameuse molécule. Quelle est-elle vraiment ? Le cholestérol est un composé organique complexe présent dans la plupart des espèces vivantes et beaucoup d’entre elles sont capables de le synthétiser. Par sa structure chimique, il fait partie de la famille des lipides et, à ce titre, il entre dans le métabolisme général des acides gras. Synthétisé dans notre organisme à partir d’éléments simples, par sa structure, le cholestérol assure la rigidité de la membrane externe de nos cellules, il en est un élément indispensable concourant à la finalisation de la forme et de la cohésion de nos tissus. Mais le cholestérol est également capable de s’organiser dans les parois artérielles avec d’autres lipides sous forme de plaques (dites plaques d’athérome), conduisant à un rétrécissement de leur diamètre pouvant aller jusqu’à l’obturation ; c’est l’origine des accidents vasculaires cérébraux et de l’infarctus du myocarde.


Le cholestérol est transporté dans le sang sous forme de lipoprotéines HDL et LDL dont la présence en plus ou moins grande quantité s’avère un révélateur du risque cardio-vasculaire. Combattre la formation de ce « mauvais » cholestérol, a constitué un enjeu thérapeutique considérable avec l’apparition dans les années 80 des Statines, composés capables de freiner sa production, enjeu sur lequel on revient prudemment aujourd’hui.